Fabrication de vêtement : quelles sont les conditions de production de l’industrie du textile ?
Lorsque tu achètes un tee-shirt, un jean ou une paire de chaussures, tu regardes peut-être d’abord le prix, la marque ou le modèle. Mais sais-tu où et dans quelles conditions ce vêtement a été fabriqué ?
La fabrication d’un vêtement peut nécessiter de nombreuses étapes : production des matières premières, filature, tissage, teinture, confection, transport… Ces différentes étapes peuvent avoir lieu dans plusieurs pays et faire intervenir de nombreuses entreprises.
Une grande partie des vêtements vendus en France est fabriquée à l’étranger, principalement dans des pays d’Asie. Cette organisation permet souvent aux entreprises de réduire leurs coûts de production, mais elle peut également poser des questions concernant les conditions de travail, les salaires, la sécurité des travailleurs et les conséquences environnementales de la production textile.
Le saviez-vous ?
Le 24 avril 2013, l’effondrement du Rana Plaza, un immeuble situé au Bangladesh et qui abritait plusieurs ateliers de confection, a provoqué la mort de plus de 1 100 personnes et fait plus de 2 500 blessés.
Cette catastrophe a attiré l’attention du monde entier sur les conditions de travail et les problèmes de sécurité dans l’industrie textile. Elle a également montré que la fabrication d’un vêtement peut être beaucoup plus complexe qu’on ne l’imagine.
En effet, une marque peut vendre un vêtement sans l’avoir fabriqué elle-même. Elle peut faire appel à une entreprise qui fabrique le vêtement pour son compte. Cette entreprise peut elle-même faire appel à d’autres entreprises : on parle alors de sous-traitance.
Il peut donc être difficile pour une marque de connaître précisément toutes les étapes de fabrication d’un vêtement et les conditions dans lesquelles travaillent les personnes qui participent à sa production.
Que dit le droit ?
Les entreprises ont certaines obligations concernant les conditions dans lesquelles leurs activités sont réalisées.
En France, une loi adoptée en 2017 a instauré un « devoir de vigilance » pour certaines grandes entreprises. Les entreprises concernées doivent mettre en place un plan destiné à identifier et à prévenir certains risques liés à leurs activités et à celles de leurs filiales, fournisseurs et sous-traitants.
Ce devoir de vigilance concerne les atteintes graves aux droits humains, à la santé et à la sécurité des personnes ainsi qu’à l’environnement.
Le but est de faire en sorte que les grandes entreprises ne puissent pas complètement ignorer ce qui se passe dans leur chaîne de production.
Le droit ne signifie pas pour autant qu’une entreprise française est automatiquement responsable de tout ce qui se passe dans une usine située à l’étranger. Le devoir de vigilance impose surtout à certaines grandes entreprises d’identifier les risques et de prendre des mesures pour essayer de les prévenir.
Et les conditions de travail ?
Les problèmes régulièrement évoqués dans l’industrie textile concernent les salaires, la durée du travail, la sécurité des bâtiments, les accidents du travail ou encore le respect des droits des travailleurs.
Il faut cependant éviter de penser que tous les vêtements fabriqués à l’étranger sont produits dans de mauvaises conditions. Les situations sont différentes selon les pays, les entreprises et les usines.
Depuis le drame du Rana Plaza, différentes initiatives ont également été mises en place afin d’améliorer la sécurité et les conditions de travail dans l’industrie textile.
La question reste néanmoins importante car les chaînes de production sont souvent très longues et peuvent faire intervenir de nombreux sous-traitants.
Et l’environnement ?
La fabrication des vêtements a également des conséquences sur l’environnement. Elle nécessite des matières premières, de l’eau et de l’énergie. Certaines étapes, comme la teinture ou le traitement des textiles, peuvent également utiliser des produits chimiques. Il faut ensuite prendre en compte le transport des matières et des vêtements, puis leur fin de vie.
Depuis le 1er octobre 2025, les marques peuvent également afficher sur certains vêtements un « coût environnemental ».
Cet affichage prend en compte différents éléments liés à la fabrication et à la durée de vie du vêtement, comme les matières utilisées, les ressources consommées, le transport et la durabilité du produit.
Pour le moment, cet affichage est volontaire : toutes les marques ne sont donc pas obligées de l’utiliser.
Cette nouvelle information peut permettre au consommateur de mieux comparer certains vêtements. Néanmoins, elle ne permet pas, à elle seule, de connaître tous les aspects environnementaux ou sociaux de leur fabrication.
Peut-on savoir où un vêtement a été fabriqué ?
Ce n’est pas toujours aussi simple qu’on pourrait le penser.
Pour les vêtements vendus en France, l’étiquette indiquant la composition des fibres est obligatoire. En revanche, l’origine géographique du vêtement n’a pas à être systématiquement indiquée.
Lorsqu’une entreprise indique « Fabriqué en France » ou « Made in France », cette information doit respecter certaines règles. Pour un produit dont la fabrication fait intervenir plusieurs pays, l’origine dépend notamment du lieu où a été réalisée la dernière transformation substantielle du produit.
Il faut donc faire attention à certaines mentions comme « marque française », « design français » ou « imaginé en France ». Elles ne signifient pas forcément que le vêtement a été fabriqué en France.
Il existe également des labels permettant de valoriser la fabrication française, comme « Origine France Garantie ». Ces labels reposent sur un cahier des charges précis et ne doivent pas être confondus avec une simple mention commerciale.
Quelques notions d’étiquetage des vêtements
- La composition
L’étiquette de composition est obligatoire. Elle doit être lisible, fixée au vêtement et rédigée en français.
Elle indique les différentes fibres textiles utilisées ainsi que leur pourcentage. Par exemple :
80 % coton – 20 % polyester
Lorsque l’étiquette indique « 100 % coton », le vêtement doit être entièrement composé de cette fibre.
Cette information permet donc de savoir de quelles matières est composé le vêtement. En revanche, elle ne permet pas de connaître à elle seule les conditions dans lesquelles ces matières ont été produites.
- L’entretien
L’étiquette d’entretien n’est pas obligatoire, mais elle est très utile.
Elle indique notamment comment laver, sécher ou repasser le vêtement. Les pictogrammes que l’on retrouve sur les étiquettes permettent de comprendre rapidement les précautions à prendre.
Bien entretenir un vêtement permet aussi de le conserver plus longtemps. Cela peut donc contribuer à limiter son impact environnemental.
- L’origine
Contrairement à la composition, l’indication de l’origine géographique n’est généralement pas obligatoire pour les vêtements.
Lorsqu’une entreprise indique une origine, elle doit toutefois être en mesure de la justifier.
Une mention comme « Fabriqué en France » ne signifie pas nécessairement que toutes les matières et toutes les étapes de fabrication ont eu lieu en France.
Par exemple, un vêtement peut être fabriqué en France à partir d’un tissu produit dans un autre pays. Dans ce cas, l’origine du vêtement dépend des règles qui permettent de déterminer son origine.
- La taille
La taille est généralement indiquée sur le vêtement, mais elle n’est pas toujours identique d’une marque à l’autre.
Elle peut être exprimée en chiffres, comme 36, 38 ou 40, ou en lettres, comme S, M, L ou XL.
Une même taille peut donc correspondre à des mesures différentes selon les marques. Il peut être utile d’essayer le vêtement ou de consulter le guide des tailles proposé par la marque.
