L’apparition des réseaux sociaux a fait apparaître une nouvelle « mode » : celle des « challenges », que l’on peut aussi appeler « défis ».

Quel est le principe du « challenge » ?

Relever un challenge consiste à se filmer en train de relever un défi qui a été proposé par un de ses amis. La vidéo doit ensuite être postée sur les réseaux sociaux comme facebook ou encore VKontakte, pour montrer et prouver à un maximum de gens ce que l’on est capable de faire. Instagram est aussi utilisé pour diffuser certaines photos.

Généralement, le « challenge » est conçu à l’étranger, aux Etats-Unis et en Russie par exemple, avant d’arriver en France.

Quels sont les défis existants ?

On les appelle « Hot water challenge », « Fire challenge », ou encore « Blue whale challenge »… Les « challenges » sont nombreux et de nouvelles sortes apparaissent très souvent.

Chaque « challenge » a ses propres règles et peut être dangereux pour celui qui le relève, dans les cas les plus extrêmes il peut conduire jusqu’à la mort.

Le « Blue whale challenge », par exemple, s’inspire d’une légende d’après laquelle les baleines bleues seraient capables de se suicider en s’échouant volontairement sur une plage. Dans ce « challenge » ; il faut relever cinquante défis comme se scarifier le bras en dessinant une baleine, jusqu’au dernier défi où il faut se suicider.

Moins extrême, mais tout de même très dangereux, le « Tide pod challenge » consiste à avaler une capsule de lessive. Le but ? Toujours le même : montrer qu’on est capable de le faire et impressionner ses amis.

Que dit le droit à propos des challenges ?

Il n’y a pas de sanction spécifique pour ceux qui imposent des « challenges ». Il y a ce qu’on appelle un « vide juridique » car il n’y a pas d’infraction de provocation à la mise en danger de soi-même ou d’autrui. En revanche, le droit sanctionne ce que l’on appelle la provocation au suicide quand le « challenge » consiste à se donner la mort, comme le 50ème défi du « Blue Whale Challenge » par exemple.

C’est l’article 223-13 du Code pénal qui sanctionne la provocation au suicide :

« Le fait de provoquer au suicide d’autrui est puni de trois ans d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende lorsque la provocation a été suivie du suicide ou d’une tentative de suicide.

Les peines sont portées à cinq ans d’emprisonnement et à 75 000 euros d’amende lorsque la victime de l’infraction définie à l’alinéa précédent est un mineur de quinze ans.

Les personnes physiques ou morales coupables du délit prévu à la présente section encourent également la peine complémentaire suivante : interdiction de l’activité de prestataire de formation professionnelle continue au sens de l’article L. 6313-1 du code du travail pour une durée de cinq ans. »

Source : https://www.legifrance.gouv.fr/affichCodeArticle.do?cidTexte=LEGITEXT000006070719&idArticle=LEGIARTI000021342968

Avant la répression, la prévention ?

Existe-t-il des moyens pour empêcher ces comportements dangereux ? Il n’y a pas de moyen radical pour éviter ces comportements mais les parents ont un rôle important à jouer dans l’éducation et la découverte d’Internet de leurs enfants. Les parents peuvent aussi compter sur des logiciels de contrôle parental qui servent à filtrer l’accès à certains contenus sur Internet. Ce sont les parents qui doivent configurer ces logiciels en précisant les mots-clefs et les sites qui sont autorisés ou interdits.

Ces logiciels permettent aussi, par exemple, de limiter la durée et les horaires de connexion ou encore la communication d’informations personnelles par les enfants.

En plus de ces logiciels, il existe d’autres moyens pour prévenir ces comportements dangereux comme Net Ecoute Famille, une plateforme téléphonique mise à la disposition des enfants, adolescents et parents pour les questions qui concernent Internet. Il y a aussi le site www.pointdecontact.net qui est mis à disposition pour lutter contre les contenus illicites ou choquants ; c’est simple et gratuit puisqu’il suffit de remplir un formulaire pour dénoncer les contenus dangereux.

Enfin la Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés ( CNIL ) met à disposition des particuliers et des professionnels des outils pratiques et pédagogiques et intervient très fréquemment pour animer des actions de formation et de sensibilisation, en particulier dans le cadre de l’éducation au numérique.

Pour aller plus loin : http://protectiondesmineurs.com/moyens.html, https://www.cnil.fr, www.educnum.fr

Les challenges sont-ils toujours néfastes ?

Non, il y a aussi des « challenges » utiles tel que le « Ice Bucket Challenge ». Le principe de ce « challenge » consiste à se renverser ou se faire renverser un seau d’eau glacée sur la tête puis à désigner un ou plusieurs ami(s) à faire pareil. Ce défi a pour but de médiatiser la lutte contre la sclérose latérale amyotrophique ( SLA ), communément appelée maladie de Charcot, et de collecter des fonds pour pouvoir lutter contre cette maladie.

En principe, les participants doivent dans tous les cas donner de l’argent, mais le montant est plus élevé lorsqu’ils refusent de relever le défi.

Le challenge est devenu viral sur les réseaux sociaux pendant l’été 2014, notamment avec la participation du fondateur de facebook, Mark Zuckerberg qui a, à son tour, invité d’autres personnalités à y participer.

Ainsi, la campagne a permis de gagner beaucoup plus d’argent que les années précédentes puisque 100 millions de dollars américains ont été levés au profit de l’association ALS, contre 2,8 millions l’année précédente, grâce à 3 millions de donneurs différents environ.

Malgré l’esprit positif de ce défi, certains accidents ont eu lieu en raison notamment du choc thermique à cause de l’eau gelée versée sur le corps.

Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Ice_Bucket_Challenge