Challenges en ligne : quand un défi devient viral (màj 10/26)

Likes, vues, pression des autres : faut-il toujours relever le challenge ?

L’utilisation des réseaux sociaux a favorisé l’apparition et la diffusion rapide d’une nouvelle forme de phénomène viral : les « challenges », que l’on peut aussi appeler « défis ».

Quel est le principe du « challenge » ?

Relever un challenge consiste généralement à réaliser un défi, puis à se filmer ou à prendre une photo afin de partager sa participation sur les réseaux sociaux. Le défi peut avoir été proposé par un ami, un influenceur ou un autre utilisateur.

Le but peut être simplement de s’amuser, de relever un défi entre amis, de faire rire ou de gagner en visibilité. Certains challenges peuvent toutefois pousser les participants à prendre des risques pour obtenir davantage de vues, de likes ou de commentaires.

Les challenges peuvent apparaître dans différents pays et se diffuser très rapidement grâce aux réseaux sociaux. Un défi créé par un utilisateur peut ainsi être repris par des milliers, voire des millions de personnes.

Quels sont les défis existants ?

Les challenges sont très variés. Certains sont amusants, créatifs ou destinés à faire rire. D’autres peuvent être dangereux.

En 2026, les « battles d’aura » sont devenues un phénomène viral chez certains jeunes. Il s’agit de confrontations où les participants réalisent des gestes et des poses inspirées de la culture internet afin de savoir qui a le plus de charisme ou de prestance. Cet exemple montre qu’un phénomène viral n’est pas nécessairement dangereux : il peut simplement être ludique et permettre aux jeunes de partager des références communes.

D’autres défis présentent cependant de véritables risques.

Le « Run It Straight », qui s’est diffusé sur les réseaux sociaux en 2025, consiste à organiser des collisions physiques très violentes entre participants. Des accidents graves ont été associés à cette pratique. Cet exemple montre qu’un défi peut devenir dangereux lorsque la recherche de sensations fortes ou de visibilité prend le dessus sur la sécurité.

Certains challenges peuvent également inciter des jeunes à publier des images intimes ou des contenus personnels. Une image publiée sur Internet peut ensuite être enregistrée, copiée ou diffusée à d’autres personnes sans l’accord de celui ou celle qui apparaît sur la photo ou la vidéo.

Les risques liés aux challenges ne sont donc pas uniquement physiques. Ils peuvent également concerner la vie privée, l’image de soi, le harcèlement ou la diffusion de contenus intimes.

Pourquoi participe-t-on à ces défis ?

Plusieurs raisons peuvent expliquer la participation à un challenge :

  • L’envie de s’amuser ou de faire comme ses amis
  • La recherche de likes, de vues ou de commentaires
  • L’envie de devenir populaire ou de gagner en visibilité
  • La curiosité
  • La pression exercée par un groupe
  • Le sentiment qu’il faut participer pour ne pas être mis à l’écart

Les réseaux sociaux peuvent contribuer à la diffusion très rapide des contenus. Lorsqu’une vidéo reçoit beaucoup de réactions, elle peut être davantage vue et partagée.

Avant de participer à un challenge, il est donc utile de se poser quelques questions : Est-ce dangereux ? Est-ce que quelqu’un me met la pression ? Quelles pourraient être les conséquences ? Est-ce que je serais à l’aise si cette vidéo était vue par mes parents, mes enseignants ou d’autres personnes ?

Que dit le droit à propos des challenges ?

Il n’existe pas une infraction spécifique appelée « provocation à un challenge dangereux ». Cela ne signifie cependant pas que les comportements liés à ces défis sont sans conséquences juridiques.

Selon les circonstances, différentes infractions peuvent être constituées lorsqu’une personne incite une autre personne à adopter un comportement dangereux ou lui fait subir des violences.

La loi prévoit notamment une infraction spécifique concernant la provocation au suicide.

L’article 223-13 du Code pénal prévoit notamment que le fait de provoquer au suicide d’autrui est puni de trois ans d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende lorsque la provocation a été suivie du suicide ou d’une tentative de suicide. Les peines sont plus importantes lorsque la victime est un mineur de quinze ans.

Le droit peut donc intervenir lorsque les comportements liés à un challenge portent atteinte à la vie, à l’intégrité physique ou à la sécurité d’une personne.

Avant la répression, la prévention ?

Il n’existe pas de moyen permettant d’empêcher tous les comportements dangereux sur les réseaux sociaux. La prévention et le dialogue jouent donc un rôle important.

Les parents et les adultes qui accompagnent les jeunes peuvent les aider à développer de bons réflexes sur Internet. Les outils de contrôle parental peuvent également permettre de limiter certains contenus, le temps d’utilisation ou certaines fonctionnalités.

Mais la prévention ne repose pas uniquement sur des outils techniques. Il est également important de savoir :

  • Protéger ses informations personnelles
  • Régler correctement les paramètres de confidentialité
  • Bloquer une personne qui adopte un comportement problématique
  • Signaler un contenu ou un compte
  • Conserver des preuves lorsqu’un problème survient
  • Demander de l’aide à un adulte de confiance

En cas de problème lié au harcèlement ou aux violences numériques, les jeunes et leurs proches peuvent notamment contacter le 3018, numéro national d’aide et d’accompagnement.

Il est également possible de signaler certains contenus illicites ou problématiques aux plateformes concernées et, selon la situation, aux autorités compétentes.

La Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) propose par ailleurs des ressources pour aider les jeunes, les parents et les professionnels à mieux comprendre les droits et les risques liés au numérique.

Les challenges sont-ils toujours néfastes ?

Tous les challenges ne sont pas dangereux. Certains peuvent avoir un objectif créatif, sportif, humoristique ou solidaire.

Le Ice Bucket Challenge, devenu viral en 2014, en est un exemple. Les participants se versaient un seau d’eau glacée sur la tête, puis invitaient d’autres personnes à participer et à soutenir la recherche contre la sclérose latérale amyotrophique (SLA), également appelée maladie de Charcot.

Ce défi a connu un succès mondial et a permis de collecter des sommes importantes pour la recherche.

Cet exemple montre qu’un challenge peut également servir à sensibiliser le public, mobiliser une communauté ou soutenir une cause.

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