Les élèves : Bonjour MeLassauzet nous sommes très contents de vous accueillir au Collège Lucie Faure.

Grâce à vous, nous avons découvert le combat de Virginie Delalande, première avocate sourde profonde en France.

Pourquoi selon vous ne peut-elle pas plaider, alors qu’elle a fait les études pour ?

Me Lassauzet : Il reste des problèmes techniques et puis peut-être un mur, que l’on a pas réussi à faire tomber entre elle et le métier d’avocat.

Les élèves : Comment faire pour les tribunal s’adaptent au handicap de Virginie Delalande ?

Me Lassauzet : Le tribunal s’adapte déjà aux justiciable sourds. Sur le fait qu’un avocat puisse être sourd dans un tribunal, même dans le cas où l’on est entendant, on entend pas tout.

“Devant les juridictions administratives, civiles et pénales, toute personne sourde bénéficie du dispositif de communication adapté à son choix.” “Article 76” Loi n° 2005-102

Les élèves : Est-ce que Virginie Delalande est seule a défendre sa cause ?

Me Lassauzet : Malheureusement oui, les avocats sourds ou malentendants, j’en connais, ils essaient de cacher leur surdité.

Les élèves : Y a t-il des associations pour lutter contre ce type de discrimination ?

Me Lassauzet : Il y a la fédération nationale des sourds de France. Quelque chose qui a été mis en place en 2008. C’est le Défenseur des droits. Vous pouvez saisir tout simplement par lettre; c’est très rare que le Défenseur des droits ne réponde pas à votre demande.

Les élèves : Pouvez-vous nous parler de la loi de 1987 qui incite les entreprises à embaucher des personnes en situation de handicap ?

Me Lassauzet : Il y a des obligations d’avoir un certain pourcentage de personnes handicapées dans certaines sociétés.

“Tout employeur occupant au moins vingts salariés est tenu d’employer, à temps plein ou à temps partiel, des [travailleurs reconnus handicapés] dans la proportion de 6% de l’effectif total des ses salariés.” “Article L323-1” Code du travail

Les élèves : Que faudrait-il faire selon vous ?

Me Lassauzet : La loi, elle fait pas tout, et le problème principal, pour que des personne handicapées aient un métier, c’est qu’il soient accueillis dans les écoles. Egalement, le sport est vraiment un lieu où le handicap peut vraiment être intégré; de partager la même passion pour le foot, lorsqu’on est handicapé et que l’on est soit disant en bonne santé, et bien c’est déjà très fédérateur.

Les élèves : Est-ce qu’une personne avec un handicap mental devra forcément faire un travail manuel ?

Me Lassauzet : Non, je pense que c’est au cas par cas. Et on s’aperçoit qu’il y a certaines personnes avec un handicap mental, qui sont beaucoup plus intelligents; je pense que des personnes avec des difficultés mentales, vont peut-être pouvoir exprimer toute leur intelligence grâce à des moyens techniques qui sont à créer peut-être encore …

Les élèves : Est-ce que dans le cas de Virginie Delalande l’adaptation de la salle d’audience ne coûterai pas trop cher ?

Me Lassauzet : Est-ce que ça coûte cher de s’adapter aux personnes handicapées, je pense que oui, il faut que ça devienne une priorité, un jour ou l’autre tout le monde peut devenir handicapé, et je trouve toujours très triste que les nouveaux bâtiments ne soient pas adaptés à tous les handicaps.

Les élèves : Cette question de l’argent empêche t-elle de faire plus pour permettre aux personnes en situation de handicap de trouver un métier ?

Me Lassauzet : C’est pas une question vraiment d’argent, c’est plus une question d’accueil de la personne handicapée, il y a des bonnes attitudes et puis il y a des mauvaises attitudes, et ça c’est plus en liaison humaine qu’en liaison matérielle.

Les élèves : Que peut faire une personne en situation de handicap si on l’empêche de faire le métier qu’elle souhaite faire ?

Me Lassauzet : Il y des formation qu’ils ont été obligés de faire, mais, ensuite, ils ont toujours tenté, ceux qui veulent vraiment arriver à leur but, à trouver des formations à côté, à faire quelque chose qui les rapproche de ce qu’ils auraient aimé faire…

Les élèves : Comment les handicapés font-ils pour communiquer avec leur employé ?

Me Lassauzet : La communication s’est simplifiée avec les outils actuels de communication…

Les élèves : Comment les handicapés font-ils pour se faire engagé dans un emploi ?

Me Lassauzet : Il y en a qui cachent leur handicap, d’autres, au contraire qui le mettent en avant pour dire : vous êtes dans l’obligation d’accueillir un certain nombre de personnes handicapées…

Les élèves : Est-ce qu’une personne en situation de handicap reçoit le même salaire qu’une personne valide ?

Me Lassauzet : Un salaire dépend aussi du nombre d’heures que tu fais, certaines personnes ne peuvent pas faire 35 heures par semaine, donc elles travaillent à temps partiel; lorsque tu es reconnu handicapé, tu as quand même droit à un complément au niveau de ton salaire, qui peut être donné par la caisse d’allocation familiale, si tu es reconnu par la maison départementale du handicap.

“Le complément de ressources est versé aux […] adultes handicapés […] -dont la capacité de travail […] est, compte tenu de leur handicap, inférieure à un pourcentage fixé par décret.” “Article L821-1-1” Code de la sécurité Sociale

Les élèves : Avez-vous déjà défendu une personne en situation de handicap ?

Me Lassauzet : Je me suis spécialisée dans la défense des personnes sourdes, puisque je connais la langue des signes, on est pas nombreux à connaitre la langue des signes, c’est pour avoir une communication en direct avec la personne handicapée. C’est pour, quand on rentre dans la langue d’une personne, on peut comprendre plus facilement, ce qu’elle attend…

Les élèves : Remerciements. Nous espérons que notre émission va permettre de faire avancer les choses. Tout le monde peut avoir un handicap dans la vie et doit avoir les mêmes chances pour trouver un métier, à bientôt.

Interview de : Me Lassauzet, avocat bénévole InitiaDROIT.

Association InitiaDROIT : Me Rambert, directrice générales, Me Desmarais, spécialiste nouvelles technologies.

Réalisation : Aurélia Raoull

Son : Pascale Mons

Elèves du collège Lucie Faure (Paris 20e) : Fatou, Adam, Ayoub, Rayane, Hichem, Lina, Tina, Grâce, Kader, Ibrahim

Leurs professeurs : Renaud Farella, Géraldine Granger & Isabelle Robalo

L’équipe de direction : Corinne Petit, Principale & Carole Fouquet, Principale adjointe

Crédits images : ErikSMI – CC by 4.0 Tiraden – CC by 3.0

Remerciements au cabinet GIDE