Marvel Fitness, Habannou S. de son vrai nom, est un youtubeur qui s’est fait connaître en tant que coach fitness.

Il postait des vidéos, sur le réseau social youtube, dans lesquelles il donnait des conseils sur la pratique de la musculation.

Quand il a commencé à être connu, il comptait plus de 146 000 abonnés sur sa chaîne, ainsi que sur d’autres réseaux sociaux ; il a initié des « clashs » en ligne avec d’autres youtubeurs et influenceurs.

Dans ces dernières vidéos (initiant des « clashs »), Marvel Fitness se moquait des autres influenceurs, notamment en raison de leurs origines.

Il appelait également sa communauté à s’en prendre à ses victimes, ce qui a eu pour résultat des centaines de messages de haine déposés sur les comptes de ses cibles.

Enfin, il avait également poursuivi une des plaignantes, avocate de profession, en la filmant et en la menaçant.

Neuf youtubers et influenceurs ont porté plainte pour harcèlement moral.

Problème de droit :

Est-on libre de poster ce que l’on veut sur les réseaux sociaux ? Peut-on être tenu responsable des agissements de ses « followers » en réaction à ce que l’on poste sur les réseaux sociaux ?

Identification des parties à l’instance :

Marvel fitness : accusé

Le procureur de la République qui représente la force publique

Les neuf parties civiles (elles représentent les victimes dans un procès pénal).

Demandes des parties:

Le procureur et les parties civiles demandent que Marvel Fitness soit condamné pour avoir initié des campagnes de harcèlement en ligne contre plusieurs autres influenceurs.

Ils demandent également que ce youtubeur soit condamné pour avoir poursuivi et filmé sans son consentement une avocate, elle-même influenceuse et partie civile.

Marvel Fitness demande à être relaxé car il considère que ses propos relèvent de la liberté d’expression. Il dit ainsi que ses propos étaient une satire des autres youtubeurs et qu’il ne peut être tenu responsable du comportement de sa communauté sur les réseaux sociaux.

Solution du tribunal :

Marvel Fitness a été reconnu coupable de harcèlement moral sur les neuf parties civiles ainsi que de violences sur avocat.

Il a été condamné à deux ans d’emprisonnement dont un an ferme avec mandat de dépôt (il est emmené directement en détention à l’issue de l’audience).

Il a également été interdit d’exercer une activité de création sur les réseaux sociaux ou sur tout site internet.

Enfin, il a été condamné à 20.000 euros d’amende.

Il a fait appel de cette condamnation.

Cf. Décision Marvel Fitness, Tribunal correctionnel de Versailles, 21 septembre 2020