AVOCAT-UN-METIER-DOSSIER-DU-MOIS

Si l’image de l’avocat lancé dans de grandes plaidoiries théâtrales est la plus répandue, elle n’est pourtant que très incomplète au regard de la diversité de la profession d’avocat.

Ainsi, l’avocat est avant tout un conseiller important pour tout ce qui relève du domaine juridique, et ce, même en dehors de tout litige. De plus, il représente et assiste son client dans toutes les démarches juridiques que celui-ci souhaite entreprendre.
L’avocat est également de plus en plus un médiateur, c’est-à-dire qu’il cherche la plupart du temps à faire discuter au préalable les parties, assistées de leurs propres avocats, afin de trouver une solution qui convienne à tous pour éviter, si possible, de passer devant un juge.
De plus, il représente son client devant la plupart des tribunaux et le défend, cette fonction ne représentant, en réalité, qu’une partie des activités de l’avocat.

De même, si la vision de l’homme de loi, vêtu de noir, défendant avec vigueur son client dans des affaires criminelles médiatiques suscite toujours de nombreuses vocations, gare encore une fois aux idées reçues car les avocats pénalistes, ne sont pas les plus nombreux.
Souvent en effet, les avocats se spécialisent plutôt dans des domaines précis, moins connus du grand public.

Enfin,  être avocat requiert des qualités humaines spécifiques. Abnégation et compassion pour l’autre sont nécessaires au bon exercice de cette profession exigeante.

Quel rôle pour l’avocat ?

Des tâches variées

L’avocat n’a pas qu’un seul rôle, mais dispose d’une palette de fonctions très diversifiées :

Un rôle d’accompagnant juridique : il va assister juridiquement son client, en s’occupant de toutes les formalités juridiques. Il peut ainsi rédiger toutes les conventions et contrats au nom de ses clients.
Un rôle de conseiller : il peut également conseiller ses clients sur les problèmes juridiques qu’ils rencontrent, et cela, avant le procès voire même en dehors de tout contentieux. Il peut, par exemple, en cas d’accidents et de blessures, informer sur les recours existants ou dans le cadre de dégâts causés sur des biens, évaluer l’indemnité subie ou en faire assurer le paiement. Cette fonction de conseiller a tendance à prendre une place de plus en plus grande aujourd’hui.
Un rôle de médiateur : bien souvent, l’avocat va essayer, avant d’aller plaider devant le juge, de trouver un accord, une transaction entre les parties qui puisse satisfaire tout le monde ; c’est ce qu’on appelle une médiation. Cette pratique présente de nombreux avantages : peu coûteuse (les procédures judiciaires pouvant être très chères), simple, rapide et discrète, elle peut aussi éviter que l’une des parties ne soit pas satisfaite du résultat.
Un rôle de défenseur : lorsque la médiation n’a pas pu avoir lieu ou n’a pas réussi, l’avocat va défendre son client en rédigeant des conclusions et surtout en argumentant oralement devant le juge ; on dit qu’il plaide.
Alors que ses autres fonctions sont surtout celle d’un technicien du droit, la plaidoirie, exercice tout à fait différent, nécessite des qualités humaines particulières, sensibilité et empathie vis-à-vis du client notamment.

« Une profession, des métiers »

Il s’agit d’un slogan souvent utilisé pour décrire la profession d’avocat. Cela signifie que même si les avocats ont tous plus ou moins les mêmes rôles d’assistance, de conseil et de défense de leurs clients, il y a cependant beaucoup de diversité au sein de la profession d’avocat.

Tout d’abord le statut des avocats peut différer :
– le collaborateur libéral est le statut le plus répandu. En général, à son entrée dans la profession l’avocat travaille dans un cabinet, duquel il perçoit des honoraires fixes tous les mois, un peu comme le salarié. Mais à la différence du collaborateur salarié cependant, il est juridiquement indépendant et peut donc posséder sa propre clientèle.
– le collaborateur salarié, assez rare, présent seulement dans certains gros cabinets, reçoit un salaire fixe chaque mois, défini à l’avance par un contrat de travail. Il n’est pas indépendant juridiquement et n’a pas de clientèle personnelle.
– l’avocat indépendant, associé à un cabinet d’avocat (ou parfois même entièrement à son compte), dispose d’une clientèle personnelle. Ses honoraires sont variables selon le nombre d’affaires traitées par mois et les clients défendus. En pratique, ces avocats associés ont généralement de nombreuses années d’expérience antérieures.

Ensuite, les cabinets d’avocat sont de tailles très variées, pouvant aller d’une petite structure individuelle composée de 3-4 avocats jusqu’à un gros cabinet international de plusieurs centaines d’avocats.

La plupart des avocats ne sont pas généralistes, puisque leur travail se limite à certaines branches du droit.
Les plus connus sont les avocats exerçant en droit pénal, en droit des affaires, droit fiscal ou bien encore droit de la famille pour ne citer que quelques exemples. Toutefois, le droit étant présent partout, il existe des avocats dans toutes sortes de domaines divers et variés, parfois spécialistes d’un thème très restreint : sport, nouvelles technologies, environnement, propriété intellectuelle, droit des étrangers, des mineurs etc.

Selon leur statut, la taille du cabinet dans lequel ils exercent et surtout leur domaine de spécialisation, les avocats ont donc une pratique du métier différente, alors même qu’ils appartiennent tous à la même profession.

 

Comment s’organise la profession d’avocat ?

Les avocats sont organisés en barreaux (chaque barreau correspondant à un Tribunal de Grande Instance), répartis dans toute la France.
Chaque barreau est dirigé par un président, le bâtonnier élus par ses confrères.
Tous les barreaux de France sont réunis en un organe d’administration et direction, le Conseil National des Barreaux (le CNB).

Un salaire pour l’avocat ?

La grande majorité des avocats ne sont pas salariés mais perçoivent une rémunération appelée honoraire.
Ces honoraires sont fixés à chaque affaire par un accord entre le client et l’avocat selon plusieurs critères : difficulté de l’affaire, renommée de l’avocat, lieu du cabinet etc.
Le temps consacré par l’avocat à l’affaire, qui comprend notamment le temps passé aux recherches, consultations, à la médiation et à l’éventuel procès qui s’en suit est aussi évidemment un élément important dans l’évaluation des honoraires.

Même si la profession d’avocat évoque dans l’ensemble l’image d’une profession bien rémunérée, les honoraires sont donc très variables et pas nécessairement élevés.

De plus, les avocats payent souvent de nombreux frais et taxes (les charges) très importants qui limitent grandement les honoraires réellement perçus.
Quels droits et devoirs pour l’avocat ?

 

1. L’avocat a d’abord des devoirs

Avant de rentrer officiellement dans la profession, il prête serment devant la Cour d’appel: on dit qu’il « jure ».
Par cet acte symbolique, il s’engage notamment à garder son indépendance, c’est-à-dire qu’il ne doit pas agir selon un intérêt personnel ou des pressions extérieures. Il a aussi des obligations de confidentialité et de secret professionnel, puisqu’il ne doit pas dévoiler aux personnes extérieures les informations données par son client et les communications échangées avec lui.

De manière générale, il doit être guidé par un ensemble de règles morales (humanité, dignité, conscience…) appelées la déontologie.

2. L’avocat a aussi des droits

– Il peut représenter son client au procès, devant tous les tribunaux (à part la Cour de Cassation et le Conseil d’Etat), c’est-à-dire qu’il parle et agit en son nom.
– Il a un droit d’accès absolu à tout le dossier de son client.
– Il peut refuser librement une affaire. Cela permet de garantir une confiance mutuelle entre client et avocat.
Quelles études pour devenir avocat ?

 

Pour passer l’examen d’entrée à l’une des écoles de formation des avocats, il faut obtenir au minimum un Master 1 en droit, c’est-à-dire avoir suivi au moins quatre ans d’études en faculté de droit.
L’examen d’entrée consiste en une série d’épreuves écrites et orales, sur différentes spécialités juridiques. Il faut aussi avoir une culture générale solide puisque l’examen final, le « Grand Oral », qui réunit un jury composé de professionnels du droit (magistrat, avocat et professeur), porte sur l’ensemble des matières juridiques, de l’histoire du droit et des libertés fondamentales.

Une fois cet examen d’entrée validé (taux de réussite assez bas, entre 25 et 50% selon les universités), il faut intégrer l’une des écoles de formation des avocats, appelée Centre Régional de Formation à la Profession d’Avocat (CRFPA).
La formation à la profession d’avocat dure 18 mois :

– 6 mois  de cours au sein du CRFPA
– 6 mois consacrés à la réalisation d’un Projet Pédagogique Individuel (PPI). Il s’agit de stages juridiques très variés, en dehors de cabinets d’avocats (Ministères, entreprises, associations etc.). Les stages à l’étranger sont fortement encouragés.
– 6 mois de stage final dans un cabinet d’avocats.

Une fois ces 6 mois de cours et ces 12 mois de stages effectués, un examen final, le Certificat d’Aptitude à la Profession d’Avocat (CAPA) vient valider cette formation. L’élève avocat devient alors véritablement un avocat. Il est inscrit, par l’Ordre des Avocats, sur le tableau de son barreau et aura la qualification de « Maître ».